LE DIGITAL LEVIER DE CROISSANCE POUR L’AFRIQUE ET LES CARAÏBES

L’usage de la technologie numérique, via les réseaux sociaux, la téléphonie mobile et bien d’autres supports immatériels, est une réalité quotidienne en Afrique comme dans l’Outre-mer. L’échange sera au centre des débats du 2è Salon des Produits et Services inspirés de l’Afrique et de l’Outre-mer, les 1 et 2 juillet prochains à Douala, au Cameroun.

Le digital levier de croissance pour l’Afrique et les Caraïbes

Ces deux régions disposent d’une population extrêmement jeune, qui non seulement est en phase avec ces conscrits vivant dans le reste du monde, mais surtout est déterminée à faire de l’un et l’autre espaces géographiques, un pôle de croissance grâce à la promotion des nouvelles technologies de l’Information et de la Communication(NTIC).

La réflexion est au cœur du programme des activités de la Maison des Camerounais de France/Centre Franco-camerounais. L’association organisait, samedi 19 mars, une après-midi de découverte de plusieurs jeunes pousses via AKTO Consulting, entreprise créée par Etienne Nguessop Lekane(lire par ailleurs), un jeune camerounais d’à peine 40 ans qui, pour l’occasion, s’est déplacé en compagnie de ses partenaires africains, très investis dans la promotion du digital et de ses nombreuses possibilités d’emploi.

Accompagnement avec 10.000 Codeurs

Ainsi en est-il de l’Ivoirienne Estelle Bilson, promotrice de InnovicalEnginering. « Nous accompagnons les entreprises dans leur transformation digitale et énergétique. Je suis aussi très impliqué dans le domaine associatif avec 10.000 Codeurs. Nous accompagnons la jeunesse africaine, sur le continent et en dehors, dans les métiers du numérique. L’association a été créée en 2015, même si je suis personnellement impliquée depuis 2019 », explique Mme Bilson, poursuivant : « Aujourd’hui, nous somme 200 cents experts, 200 grandes sœurs et grands frères qui accompagnons nos jeunes africains dans la découverte digitale ».

Une structure bien huilée, qui met un point d’honneur au process de recrutement des jeunes intéressés par cette aventure. « Les jeunes s’inscrivent d’abord sur le site de l’association, subissent des tests de sélection selon leurs motivations, ensuite les grilles de compétences permettant de définir le parcours de culture numérique, une sorte d’évaluation au terme de laquelle les nominés sont éligibles à être accompagnés par un de nos experts », indique encore Estelle Bilson. 

Le bilan de l’action de cette association ces 7 dernières années ? « Une cinquantaine de jeunes originaires notamment du Cameroun, pays de Douglas Mbiandou qui a lancé cette association, Sénégal, Mali, de la Côte d’Ivoire ou encore de la Guinée, ont bénéficié de cet accompagnement jusqu’à l’insertion professionnelle. L’idée c’est d’aider ces jeunes à rester sur le continent à travailler avec des partenaires locaux ou à l’étranger, d’éviter de prendre la mer ou le désert ».

Iziway Cameroun rêve toujours plus grand

Autre exemple de métier du numérique, la réussite de la Market place Iziway Cameroun. Son promoteur, Guy Talom, a tenu en haleine l’assistance, samedi dernier, à la Maison des Camerounais de France, rue Bachelet dans le 18è arrondissement de Paris. Cet informaticien de formation est en passe de révolutionner le commerce en ligne au pays de Fokou, kayo Elie et autre Zépol. « Le principe est simple, lance-t-il tout de go. Nous, on veut rassembler sur une place de marché en ligne, sur une application ou un site internet, tout opérateur économique qui pense avoir besoin de visibilité sur le digital, besoin de promouvoir ses produits ou services, nous fédérons cette offre avec la demande du marché. Nous allons donc être cette place de marché universel au Cameroun », souligne-t-il, avant d’insister : « ça passe par des vendeurs de Mokolo, Mboppi, du marché central, également par des partenaires et marques comme Mtn, Orange, Guiness, Nivéa et bien d’autres encore, qui veulent promouvoir leurs biens et services.

Nous démarrons aujourd’hui avec des agents de voyages qui sont très intéressés par cet aspect des choses parce qu’ils par exemple pouvoir vendre les tickets de transports à partir d’un site en ligne. Voilà l’idée du projet qui doit pouvoir se développer sur toute l’étendue du triangle national, de Maroua à Yaoundé, de Douala à Bafoussam via Nkongsamba, Bamenda, Bertoua… ».

L’entreprise a vu le jour en 2019 et le site en ligne, en fin de cette même année. De quoi pouvoir tirer quelques enseignements : « Le bilan est très encourageant. Les données que j’ai présentées au public montrent clairement l’évolution du trafic sur un an et les chiffres concernant le nombre de clients livrés depuis la plateforme ».

Et dire que le jeune patron dirige son entreprise depuis la France. « C’est très simple avec internet. J’ai aujourd’hui trois bureaux que je pilote à partir de Paris où je vis : un bureau à Douala, un à Yaoundé et un autre à Maroua. Mais cela requiert des process de management rigoureux. C’est ce que nous avons initié en interne pour avoir les résultats que l’on connaît. Il profiter de la technologie pour pouvoir adapter son management et suivre le travail des collaborateurs à distance », affirme Guy Talom, persuadé que pour Iziway Cameroun, l’aventure ne fait que commencer.

Cette jeunesse africaine imaginative, enthousiaste et talentueuse, semble avoir déjà pris le contre-pied des politiques publiques dans bien des domaines, tout en indexant ses préoccupations essentielles : la quête permanente de la liberté, l’assurance d’un avenir meilleur par l’emploi, la participation à des instances de prises de décisions et au vivre ensemble.

Rendez-vous est donc pris pour échanger sur les perspectives de développement di-u digital en Afrique et dans l’Outre-mer, les 1er et 2 juillet, 2022, à Douala, au Cameroun, dans le cadre du 2è Salon PSAO.

Jean-Célestin Edjangué

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *